Dossier Manga - Le Weekly Shonen Sunday

Le Shonen Sunday de l'éditeur Shogakukan est le 3ème magazine de prépublication de manga le plus vendu au Japon. Retour sur l'histoire de l'hebdomadaire qui nous a fait découvrir de belles oeuvres de notre jeunesse jusqu'à aujourd'hui.

 

Si le Shonen Sunday parle moins aux amateurs de manga qui connaissent plus le Shonen Jump et le Shonen Magazine, le Shonen Sunday bénéficie pourtant d'auteurs et de titres mondialement reconnus comme les œuvres de Mitsuru Adachi, Rumiko Takahashi et plus récemment Hiromu Arakawa.

 

Fin des années 70 jusqu'à 1990

 

A la fin des années 70, en 1978, le Shonen Sunday accueille le premier manga de Rumiko Takahashi : Urusei Yatsura - Lamu. Le manga a été adapté en version animée au début des années 80 et on a pu le découvrir sur nos écrans de télévision en France. L'année suivante, un nouveau manga autour de Cyborg 009 est publié. En 1981, le Shonen Sunday publie à nouveau un futur grand auteur, Mitsuru Adachi avec Touch que l'on découvrira aussi en France sur nos écrans sous le nom Théo ou la batte de la victoire. Les années 80 est une décennie faste pour l'hebdomadaire qui publie coup sur coup les nouvelles oeuvres de leurs deux grands auteurs avec Rough pour Adachi et Ranma 1/2 pour Rumiko Takahashi. Ranma 1/2 qui est le premier grand succès de l'auteure à travers le monde puisque son adaptation animée a marqué son époque. A la fin des années 80, le dernier grand titre à arriver dans les pages de l'hebdomadaire est le manga Patlabor en 1988.

 

L'acalmie des années 90

 

Les années 90 marque une période de creux pour le magazine qui souffre de la concurrence du Shonen Jump qui enchaine les succès internationnaux. Le Shonen Sunday continue sa politique d'auteur avec Adachi en fer de lance et sa série H2 qui sort en 1992. C'est un grand succès au Japon et l'une des œuvres préférées des fans du mangaka. C'est en 1994 qu'arrive un manga iconique du magazine et encore en publication de nos jours : Détective Conan de Gosho Aoyama. Cependant, le magazine enchaine les titres qui malgré leur qualité, ne permet pas de faire face à une concurrence de plus en plus féroce. Rumiko Takahashi revient au milieu des années 90 avec Inu-Yasha qui connaitra un long et vif succès. Le magazine parvient à sortir des sentiers battus à la fin des années 90 avec la publication d'Arms et de Karakuri Circus de Kazuhiro Fujita.

 

Un nouveau millénaire qui redonne des couleurs

 

Il ne faudra pas enterrer trop vite le Shonen Sunday car contrairement à ses concurrents qui ont peiné à se renouveler dans les années 2000, c'est tout le contraire concernant le magazine de la Shogakukan. Dès 2001, on peut lire dans les pages de l'hebdomadaire, des œuvres aussi bien variées que de qualité comme Konjiki no Gash!! (Zatchbell en France via l'éditeur Kana), Katsu ! d'Adachi qui s'essaye avec brio au manga de boxe puis un an plus tard, Yakitate!! Ja-pan, un manga comique sur la boulangerie. On y voit aussi publié des titres dynamiques comme Ken-ichi, le poétique Fragment de Shin Takahashi et l'original Kekkaishi. L'apogée arrive à la fin de l'année 2004 avec Hayate the Combat Butler qui devient un phénomène monstrueux dans l'archipel. Tous ces titres redonnent des couleurs au magazine qui parvient à se différencier de la concurrence tout en restant dans l'ère du temps. La seconde partie des années 2000 est plus calme pour le Shonen Sunday qui continue de publier les auteurs phares de son catalogue avec Cross Game d'Adachi, Moonlight Act de Fujita et Rinne de Rumiko Takahashi.

 

Passage à vide.

 

La nouvelle décennie est douloureuse pour l'hebdomadaire qui ne parvient pas à retrouver de second souffle. Hormis l'arrivée de Hiromu Arakawa avec le très bon Silver Spoon, Il n'y a pas de titres fédérateurs qui permettent au magazine de pouvoir résister face au Shonen Jump et au Shonen Magazine qui ont réussi à passer un cap. Le Shonen Sunday vivote mais ne trouve plus de locomotive. Il cède à une certaine facilité dans les mangas qu'il publie avec de plus en plus d'œuvres mettant en avant des personnages enfantins et mignons, sonnant la sirène du phénomène "moé".

 

Le Shonen Sunday a connu une très belle période en nous permettant de découvrir de grands auteurs et des œuvres poignantes durant de longues années. Cependant, il n'est pas parvenu à l'aube des années 2010 à se renouveler. S'il reste un magazine historique dans le paysage du manga, nul ne sait comment il parviendra à remonter la pente et de quelle manière.

 

 

 

                                                                                                                                                                                                                                                              François Verpilleux - 22/01/2018