Dossier Manga - Le Weekly Shonen Magazine

Le Shonen Magazine de l'éditeur Kodansha, bien qu'il soit moins connu internationalement que le Shonen Jump n'en demeure pas moins le 2ème magazine de prépublication de manga, le plus vendu au Japon. Retour sur ce magazine dont a été publié de grandes oeuvres comme Cyborg 009 et Ashita no Joe !

 

Si l'on connait beaucoup plus les œuvres publiées dans le Shonen Jump, le Shonen Magazine a publié de grands mangas comme Cyborg 009, Ashita no Joe, Devilman dont le nouvel animé sur Netflix est de grande qualité, GTO, Fairy Tail et plus récemment Seven Deadly Sins, GE-Good Ending et A Silent Voice.

 

Les années 80-90

 

Dès le début des années 80, le Shonen Magazine se démarque du Shonen Jump par une politique éditoriale privilégiant des genres bien précis. On y retrouve énormément de manga de sport comme la boxe, le judo, le tennis, le baseball ou bien le football, ainsi que beaucoup de comédies sentimentales au sein du milieu scolaire. Contrairement au magazine de la Shueisha, il y a peu de mangas d'aventure et le magazine publie essentiellement des œuvres avec des personnages adolescents ou adultes. Le magazine se veut plus mature, plus profond et se consacre davantage aux récits du quotidien plutôt qu'à l'action et l'évasion. On a peu de gag manga et beaucoup plus d'œuvres encrées dans la réalité. Dans le milieu des années 80, de nouveaux styles arrivent avec des mangas mettant en scène la jeunesse délinquante ou bien des comédies sentimentales avec l'apparition de scènes plus osées, plus coquines. Le sport y est toujours prépondérant et les mangas comiques toujours aussi rares. La marque de fabrique de Kodansha, de faire des œuvres dans le quotidien japonais est bien présente.

Dans les années 90, le magazine évolue peu et reste dans le domaine qu'il maitrise avec l'arrivée de Hajime no Ippo, un manga de boxe toujours en publication à ce jour. L'année suivante, on découvre la jeunesse fougueuse de Eikichi Onizuka accompagné de son meilleur ami, qui vont faire les quatre cents coups dans Shonan Jun Ai Gumi. Le personnage d'Onizuka deviendra plus tard une icône du magazine puisqu'on le retrouvera dans l'incontournable GTO et d'autres suites quelques années plus tard. Les années 90 n'apporte pas de changement important au style d'histoires que l'on peut retrouver dans le magazine hormis l'arrivée du manga d'enquête avec Kindaichi en 1993.

 

Les années 2000

 

La fin des années 90 et le début des années 2000 vont apporter un changement dans le style d'histoires publiées dans le Shonen Magazine. Si la part de manga abordant la vie quotidienne et les comédies sentimentales reste importante au sein du magazine, de nouveaux genres apparaissent. Des mangas d'actions très dynamiques voient le jour comme Get Backers et Samurai Deeper Kyo. La grande aventure jusqu'alors réservée au Shonen Jump fait aussi son apparition avec Rave de Hiro Mashima. Enfin, la patte coquine que l'on pouvait entrevoir dans les publications du milieu des années 80 trouve avec Love Hina un digne représentant. Le manga de sport est moins présent durant les années 2000 au profit de mangas d'action à l'esthétique léchée. On retrouve tout de même les bases du magazine avec la même proportion de récits de la vie quotidienne et de romance en milieu scolaire. Vers le milieu des années 2000, le magazine continue sa mutation et si le manga d'action reste populaire, c'est le manga comique qui se fait une place plus importante dans les pages du Shonen Magazine. Negima, School Rumble et Sayonara Zetsubou Sensei rejoignent les pages de l'hebdomadaire. Cela apporte plus de diversité au magazine mais aussi plus de scènes légères mettant en avant les formes généreuses des personnages féminins.

 

De 2010 à nos jours

 

Le Shonen Magazine aborde la nouvelle décennie avec la poursuite d'oeuvres très populaires comme Fairy Tail, Code Breaker, Air Gear, GTO : Shonan 14 Days ainsi que GE-Good Ending. Le manga de sport continue d'être publié avec des valeurs sûres comme Hajime no Ippo, Baby Steps et Days en 2013. Le magazine conserve son ADN et continue de publier des mangas sur la vie quotidienne en milieu scolaire, des comédies sentimentales et des mangas sur la jeunesse délinquante.

 

Contrairement au Shonen Jump qui a évolué tout au long de son histoire, le Shonen Magazine est resté fidèle à sa politique éditoriale en s'éloignant peu de ses genres de prédilection. Si les œuvres publiées restent moins connues que celles du Shonen Jump car moins exposées à la télévision, elles n'en restent pas moins, d'excellentes qualités.

 

 

 

                                                                                                                                                                                                                                                                        François Verpilleux - 22/01/2018